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Le Covid force le marché de l’art à se convertir au Web

Depuis six mois, les maisons de ventes et les foires ont massivement basculé leurs activités sur Internet pour endiguer la dégringolade de leur chiffre d’affaires et maintenir un lien avec leurs collectionneurs. Une transition numérique à marche forcée.


Par Rozana Azimi, Le Monde, 7 septembre 2020


Après avoir été tour à tour reportée, annulée puis transférée en ligne, Art Paris Art Fair, est l’une des rares foires d’art à finalement ouvrir ses portes le jeudi 10 septembre au Grand Palais. En vrai de vrai, « in real life », des mots que le déclenchement en mars de la pandémie de Covid-19 avait gommés de notre vocabulaire. Depuis six mois, en effet, foires, marchands et maisons de ventes ont massivement basculé leurs activités sur Internet pour endiguer la dégringolade de leur chiffre d’affaires et maintenir un lien avec leurs collectionneurs.


Une transition numérique à marche forcée. En 2019, le rapport Art Basel-UBS évaluait les transactions digitales à seulement 9 % des ventes mondiales. Le taux de croissance de ce secteur tendait même à stagner, avec à la clé la disparition de plusieurs spécialistes comme Auctionata et Paddle 8. De fait, l’an dernier, quatre maisons de ventes contrôlaient 70 % des enchères en ligne d’après une étude du Conseil des ventes volontaires.


L’épidémie a désormais inversé les courbes. D’après le dernier rapport sur le marché de l’art en ligne publié en juillet par Hiscox, les transactions digitales de Sotheby’s, Christie’s et Phillips ont généré 370 millions de dollars (313 millions d’euros) au premier semestre 2020, soit plus de cinq fois plus que pour la même période en 2019. Une plus petite maison comme Tajan a gagné pendant le confinement 1 600 nouveaux clients, soit quatre fois plus qu’à la même période en 2019.


« C’est le sens de l’histoire »


« C’est le sens de l’histoire », observe Aline Sylla Walbaum, directrice générale chez Christie’s qui, depuis mi-mars a organisé pas moins de 99 ventes en ligne – contre 89 sur toute l’année 2019 – et recruté 35 % de nouveaux clients. Premier opérateur à prendre le pli numérique en 2011, l’écurie de François Pinault n’a cessé de peaufiner sa technologie : images d’œuvres in situ ou de bijoux portés, effets de zoom, vidéos, chats avec les spécialistes… Autant d’outils qui lui ont permis d’établir en juin le record de 2,1 millions de dollars pour un diamant vendu en ligne. Chez sa rivale Sotheby’s aussi, la messe est dite : « 80 % de nos ventes seront dématérialisées dans un proche avenir », lâche Cécile Bernard, responsable des opérations de la maison de ventes de Patrick Drahi qui, depuis le début de l’année a organisé pas moins de 180 vacations en ligne...


Lire la suite sur le site du Monde :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/07/le-covid-force-le-marche-de-l-art-a-se-convertir-au-web_6051283_3234.html

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